Google sites après Google page creator

En août dernier, Google annonçait l’abandon de Google Page Creator (ou, plutôt, la fin des inscriptions à ce service qui permettait de créer des sites internet) remplacé par Googlesites, autre produit de création de sites issu notamment des travaux de Jotspot, une entreprise rachetée en octobre 2006. On peut, quelques mois plus tard, tirer quelques premiers enseignements de cette décision.

Elle confirme, d’abord, plusieurs points de la stratégie de Google :

- capacité à faire mourir des produits qui ne paraissent pas satisfaisants,

- lancement de produits perfectibles: dans sa version actuelle, Google Sites est  loin d’être un produit achevé même s’il offre à l’utilisateur de nombreuses fonctionnalités intéressantes,

- logique de l’intégration, grâce au modèle du couteau suisse, de nombreuses applications : on peut avec Google Site introduire très facilement dans une page des documents (texte, présenattions, tableurs…) créés avec Google Docs, des images stockées dans Picasa (le produit photo de Google), des vidéos de Youtube ou de Google vidéo…

- volonté de créer une ergonomie commune à l’ensemble des produits Google ; par bien des cotés, celle de Google Sites ressemble à celle de Blogger,

- volonté, également, de fidéliser les utilisateurs et de les amener à utiliser toujours plus d’outils de Google. A l’inverse de ce que l’on pouvait espérer, ce produit n’est, pour l’instant, pas très ouvert sur l’extérieur : autant il est facile de transférer des fichiers créés avec Google docs, autant il est difficile (fastidieux) d’importer des fichiers créés sur son PC avec Word ou Excel. En ce sens, d’ailleurs, la stratégie de Google se rapproche de celle d’Apple qui a tendance à fermer son univers (un exemple : on pouvait sur les premières versions de Page créer des pages html que l’on pouvait transférer sur n’importe quel site. Dans les dernières versions de ce logiciel de traitement de texte d’Apple, on ne peut créer des pages internet que pour le générateur de site d’Apple).

Mais elle met aussi en évidence l’émergence d’une nouvelle génération de produits.

Google Sites se distingue des générateurs de sites classiques sur plusieurs points :

- sa simplicité : on réussit très rapidement à monter un site avec,

- sa sobriété : il n’y a pas, comme dans les produits similaires d’Apple, volonté de donner des outils pour faire des sites de communication. Il s’agit bien de créer des sites de travail,

- son ouverture sur le partage : on peut créer des sites ouverts à tous, mais aussi des sites privés ou, plus intéressant, des sites que l’on peut partager à quelques uns.

Ce qui me fait penser qu’avec cet outil se dessine une nouvelle manière de travailler sur le net. Depuis le lancement de Googledocs et de Googlenotes, Google travaille patiemment mais de manière obstinée à la création d’une gamme d’outils bureatiques qui nous permettront de travailler sur le net. Googlesites s’inscrit pleinement dans cette logique. Plus qu’un outil conçu pour créer des sites, c’est un outil destiné à créer des espaces de travail collectif pour un groupe, un projet… On peut y partager des documents, des références bibliographiques, les organiser, les gérer. Et l’on voit apparaître, avec cet outil (tout comme d’ailleurs au travers des wikis qui sont d’un maniement plus compliqué) une nouvelle forme d’organisation où la hiérarchie traditionnelle dans les entreprises céde le pas à une division des tâches avec un administrateur ou éditeur et des collaborateurs.

Pour être vraiment cet outil de gestion de projet vers lequel il semble tendre, Google Sites a besoin de bien d’autres choses, notamment de liens avec la téléphonie. Mais on peut penser que de nouvelles applications apparaîtront assez vite si nous l’utilisons effectivement collectivement dans ce sens. Les premiers à le faire pourraient d’ailleurs être les universités. On imagine bien comment un professeur pourrait utilis (…)

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