Des pauses obligatoires dans les jeux vidéos ?

Les jeux vidéo peuvent-ils rendre accro? Les parlementaires qui ont déposé une proposition de loi, enregistrée le 13 juillet 2010 à l’Assemblée, pensent que oui. Ils estiment que “l’utilisation abusive des jeux vidéo peut présenter un réel danger” et “peut rapidement dégénérer en dépendance”.
Leur requête ? Que l’industrie des jeux vidéo favorise “des sessions de jeu plus courtes et marquées de pauses obligatoires de trente minutes, voire plus pour des jeux de longue durée”.

A quoi pourraient ressembler ces “pauses obligatoires”? Et avant tout, peut-on vraiment parler d’addiction aux jeux vidéo ? Trois spécialistes donnent leur point de vue.

“L’addiction aux jeux vidéo n’existe pas”

“les jeux vidéo ne sont en aucune façon des drogues”. Il explique que “l’addiction à ces jeux est une maladie inventée de toutes pièces. Elle a d’abord été évoquée par un psychiatre américain, qui en a parlé sur le ton de la plaisanterie, puis par une de ses confrères, qui l’a reprise de manière sérieuse. A partir de là, la machine s’est mise en marche alors qu’elle ne repose sur rien”. Si des études ont été réalisées sur le sujet, on explique “qu’une synthèse de ces travaux a été réalisée et a abouti à la conclusion suivante: aucune ne démontre d’addiction aux jeux vidéo”.


La relation jeux vidéo / joueur en question
Pour l’autre spécialiste “ce n’est pas le jeu vidéo en lui-même qui pose problème, mais la relation qu’entretient un joueur avec lui”. Si l’individu a déjà des difficultés ou des troubles du comportement, il va se servir du jeu vidéo “pour autre chose que jouer”, indique le psychanalyste, concluant que “c’est toujours la personnalité du joueur qui est en cause, pas le jeu”.
Psychologue elle estime aussi que le problème n’est pas “le produit lui-même, mais la relation entre produit et individu”. Elle en tire pourtant une conclusion inverse à celle du psychologue : “Comme pour l’alcool ou les drogues, les jeux vidéo engendrent des effets de manque, une impossibilité de s’arrêter et d’autres critères qui permettent de parler d’une addiction”.
Cette comparaison entre jeux vidéo et drogues, le psychanalyste la réfute complètement : “Les jeux ne sont en aucun cas des produits toxiques. Si quelqu’un passe des heures à jouer aux échecs ou à la belotte, on dira que c’est un passionné, pas un drogué. Il en va de même pour les jeux vidéo”.

Les pauses obligatoires, une bonne idée ?

On trouve que “la modération est quelque chose de positif”. C’est “plutôt encourageant que le gouvernement se penche sur le sujet”, explique-t-elle.
Pour l’autre, ces pauses n’ont au contraire “aucun sens”. Salomé, gameuse de 22 ans et animatrice de l’émission “Gamer”estime elle aussi qu’elles sont “une aberration”. Elle qui joue en moyenne 1h30 par jour (mais jusqu’à 10 heures si elle est en vacances ou dans un jeu particulièrement captivant) rappelle qu’il n’y a pas que des enfants qui jouent aux jeux vidéo. “Il y a aussi beaucoup d’adultes ou de familles. Or les adultes sont des personnes responsables. Quand je joue après une journée de travail, c’est pour me détendre, pas pour qu’on m’impose une coupure au bout d’une heure”.


Comment mettre en place ces pauses?
La gameuse de 22 ans est formelle: “Les éditeurs de jeux ne seront jamais d’accord. Leur businesss représente des milliards de dollars, ils ne vont pas s’embêter avec des pauses dans leurs jeux.”Idem dans le sous-marché de la vente de crédits fifa 18  par exemple ou de wow gold  Salomé soulève un autre problème: quels seront les jeux qui auront des coupures? “Certains sont très calmes et demandent de la réflexion. Va-t-on subir un écran noir en plein milieu d’une énigme à résoudre?” se demande-t-elle. Mêmes interrogations du côté de la psychologue . “Je me demande comment ils vont s’y prendre. Il ne faudrait pas pénaliser la grande majorité des joueurs qui n’a aucun problème d’addiction aux jeux”.

Les jeux vidéo, un monde mal connu des parents ?

“Plutôt que de mettre des serrures, il faut encourager parents et enfants à mieux comprendre les jeux vidéo”, plaide-t-il, . Selon lui, les parents doivent s’intéresser à ce que font leur progéniture et les enfants doivent mieux comprendre ce à quoi ils jouent. “Bref, il faut bâtir une culture du jeu vidéo”, estime le spécialiste. “On pense trop souvent qu’élever un enfant, c’est le priver, le frustrer. C’est faux. Il faut accepter l’idée que l’enfant ait une activité plaisante”.
la psychologue sur le jeu excessif, le rejoint sur certains points, expliquant que “le rôle éducatif des parents est primordial : ils doivent savoir à quoi jouent leur enfant, à quel tranche d’âge ce jeu est adressé”. Le problème selon elle, c’est que les enfants connaissent davantage les jeux vidéo que leurs parents.
Salomé connaît bien ça. “Lorsque j’ai commencé à jouer à l’âge de 10 ans, j’ai tout de suite eu un penchant pour les jeux violents comme Silent Hill ou Resident Evil“, raconte-t-elle. “Mes parents pensaient que j’allais devenir tarée!”. Plusieurs années plus tard il n’en est rien et la jeune fille est toujours aussi fan des jeux vidéo violents. “Je les aime justement parce que je sais que c’est de la fiction. Même à 10 ans, on fait bien la différence entre réalité et virtuel”. voir sociologie des gamers