Test Pro Evolution Soccer 18

 Pour un jeu de football qui auparavant misait tout sur le terrain, il est surprenant de découvrir que les changements les plus importants de PES 18 se trouvent dans les menus. Tout du moins, ça le serait si nous ne vivions pas aujourd’hui dans un monde où les chiens et les chats jouent ensemble, ou les jeux FIFA sont reconnus comme simulations de football et où Robinho a perdu sa place de titulaire au profit de Craig Bellamy.

Parlons Style d’Equipe et cartes joueurs, et non crédits fifa

À côté de cela sur PES 18 , le « Style d’Equipe », les « Cartes Joueurs », et un changement dans la façon de présenter les compétences des joueurs sur l’écran d’équipe, paraissent à peu près aussi excitants que la coupe de cheveux de Wayne Rooney. Cela dit, ils déflorent énormément la magie de PES. Auparavant, pour tirer le meilleur parti des 11 joueurs, il fallait étudier une multitude de statistiques et être capable de déchiffrer en un coup d’oeil les cinq classes de compétences. Retirer ces cinq classes pour mettre des chiffres à la place peut paraître une régression (et il serait bien de pouvoir revenir à ce système grâce à une option supplémentaire), mais cela signifie que vous pouvez détecter immédiatement des erreurs tactiques et des joueurs hors position en une demi-seconde tout en surveillant l’équipe tout entière.

Les « Cartes Joueurs » de PES 18, par contre, vous permettent de creuser et de découvrir les compétences uniques d’un joueur en particulier, comme la précision des passes ou la capacité à jouer les renards de surface, et vous pouvez même modifier certains comportements, ce qui élargit considérablement votre éventail d’options tactiques. Le « Style d’Equipe », quant à lui, vous permet de régler l’équipe globalement, notamment dans quelle mesure elle reste en position et comment elle répond aux situations courantes. Pour les gens qui ont toujours joué à PES, ce sont trois changements utiles, qui permettent plus facilement de procéder rapidement à des opérations chirurgicales complexes sur votre équipe sans dénaturer globalement le jeu. Pour les nouveaux venus plein de curiosité, c’est une entrée en matière chaleureuse. Dans FIFA 18 tout cela sert d’argument d’échange sur le marché des transferts où les crédits FIFAs’amassent comme à la bourse; des sites de crédits fut 18  ou de crédits fifa 18 pas cher sont même spécialisés dans ce goldfarming sauce FIFA. Sur PES 18 rien de tout cela…

Jouabilité et réalisme de PES 18

Le nouveau système de penalty provoque un choc. Je ne sais pas comment je vais m’y prendre. Bonne chance à vous.

Ce n’est pas le seul signe encourageant dans un jeu qui semblait marcher sur une patte à la même époque l’année dernière. La Ligue des Champions de l’UEFA est de retour, mais la présentation est beaucoup plus impressionnante (plus léchée, en fait, que celle du jeu principal) et, de même que l’Europa League, elle est désormais intégrée dans la Master League, qui reste supérieure au mode Manager correspondant de son rival FIFA Ultimate Team (à moins que celui-ci ne soit amélioré à l’avenir). Il y a aussi une nouvelle zone « Communautaire », où vous pouvez garder la trace des parties jouées en local contre vos amis, au lieu de rebondir systématiquement sur le mode Exhibition, même si celui-ci sera toujours tentant dans la mesure où il est plus rapide de démarrer un match grâce à l’interface très simplifiée.

Sur le terrain, PES 18 donne toujours l’impression de vous guider sur des rails au lieu de vous laisser évoluer librement dans toutes les directions, mais les rails sont plus nombreux et plus resserrés, ce qui vous permet de courir et de tourner avec la balle d’une façon imprévisible qui rend plus difficile à vos adversaires de deviner ce que vous allez faire. Le moteur graphique a également été sérieusement musclé, la ressemblance des joueurs étant nettement améliorée (certains, comme PIRLO, sont désormais d’une ressemblance troublante. Cet hyperréalisme du jeu est la touche la plus positive du nouveau PES). Personne n’aurait de peine à repérer les gènes en commun avec le modèle précédent en mettant côte à côte PES 17 et 18, mais à certains égards c’est le jour et la nuit (même s’ils n’auraient pas dû prendre l’expression autant au pied de la lettre en saturant la surface de réparation située à droite d’une lumière violente lors des matchs en diurne).

Animations du jeu : Dribles, ballon

De la même manière, les améliorations de PES 18 sont aigres-douces si l’on considère l’énorme retard que Konami doit encore combler sur EA sport. PES est réputé pour la rareté des occasions de but, mais dans 2018 cette rareté est plus fréquemment due à une bizarrerie d’un moteur de jeu défectueux qu’à une volonté conceptuelle : il est relativement malaisé de passer le ballon et de dribbler sur de courtes distances (les boutons de dribble lents et placés sur les côtés ne devraient pas empêcher un contrôle analogique correct), changer de direction de plus de quelques degrés freine beaucoup trop votre élan et, à moins d’être parfaitement placé, déclencher un tir prend si longtemps que le défenseur qui vous marque, et qui a peut-être été derrière vous pendant toute votre course, a largement le temps de vous bloquer ou de vous déséquilibrer.

Malgré tout, il est plus facile de marquer d’autres manières. Vous n’arriverez peut-être pas à grand-chose en rôdant dans la surface de réparation, mais les longues courses solitaires et les têtes sur des centres sont étonnamment puissantes, et, si vous jouez contre l’IA, vous découvrirez peut-être qu’elle se passe la balle dans sa moitié de terrain sans aucun sentiment d’urgence quand vous menez à la marque. Ce sentiment d’incohérence revient comme un refrain : malgré des améliorations dans l’animation, c’est un jeu sans subtilité et lourdingue à de nombreux égards, comme quand effectuer une passe rapide à l’engagement fait presque tomber Carlos Tevez sur ses fesses ou quand les gardiens sont effroyablement lents à dégager le ballon. Par ailleurs, les joueurs prennent régulièrement des chemins détournés pour réceptionner les passes et les défenseurs leur permettent de le faire, ce qui accroît notre sentiment d’incrédulité jusqu’à un point de rupture.


Le problème des licences joue lourdement en défaveur de PES, malgré une solide utilisation de la Ligue des Champions. Quand ces matchs en nocturne se déroulent dans le cadre de la Ligue des Champions, ils ont quelque chose de spécial.

PES 18 vs FIFA 18

Par rapport à PES 17, c’est malgré tout globalement une énorme amélioration, mais à côté du jeu FIFA  , inévitablement, c’est toujours un second choix médiocre, bien inférieur en termes de manoeuvrabilité, de mouvement et d’accélération du joueur, de simplicité et de diversité des contrôles, et – c’est le plus important – de crédibilité. C’est vrai qu’en y regardant bien, on peut faire des choses bizarres dans FIFA 18, mais ce n’est rien à côté de l’obscurantisme intrinsèque de PES18, qui donne toujours l’impression d’être mal foutu et démodé en dépit de la pléthore d’améliorations, parmi lesquels un programme de jeux en réseaux en ligne plus durable. Et ne parlons même pas des problèmes traditionnels que rencontre PES : il est loin d’avoir autant de licences que son rival, et il est loin d’être aussi élégamment structuré ou d’être aussi ambitieux en dehors du terrain. L’année où EA a étendu le concept Be A Pro pour le faire fonctionner dans l’intégralité des modes, le « Devenez une Légende » de PES s’est senti plus seul que jamais.

J’ai passé des années à défendre Pro Evolution Soccer parce que je pensais qu’il était le meilleur, tout en gardant un oeil sur FIFA 18 mais en m’y essayant rarement (à l’exception d’un article où je lui avais collé un mémorable 2/10). Pourtant, l’année dernière, EA Canada m’a facilement conduit à changer mon fusil d’épaule, dès lors qu’il surclassait pour la première fois Konami dans presque tous les domaines. Ce n’est pas entièrement vrai cette année : les options de gestion d’équipe de PES 18 montrent bien que le développeur japonais a toujours quelques atouts dans sa manche, et ceux pour lesquels le passage à un autre jeu de football est simplement trop dur à supporter achèteront et aimeront celui-ci. Ils découvriront aussi que c’est toujours un bon jeu de football. Pour les autres cependant, le mieux est toujours insuffisant, car FIFA est encore une fois le gagnant.

 

Note : 7/10

 

About ivy12