La sociologie visuelle utilise la photographie, la video, le multimedia - l'image au sens large - pour produire des connaissances, elle analyse aussi les artefacts visuels issus de la société.
Ce site web comprend mes essais multimedia en ce domaine :

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:: Data visualization
:: Mind mapping


"Visual sociology involves the use of photographs, film and video to study society as well as the study of the visual artifacts of a society." Pr. Cathy Greenblat -

Sociology Department, Rutgers University


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Thierry TEULE
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Albert Piette, Ethnographie de l’action. L’observation des détails, Paris, Métailié, 1996 -
(note du webmaster : ouvrage de contribution a la sociologie visuelle contemporaine)

Le  détail  jouit d’une belle publicité actuellement selon Albert Piette . Pourtant  sa pleine efficacité est tronquée depuis longtemps, entre son exclusion par le « classicisme » qui le juge comme pollution, impureté, et son intégration dans la pensée moderne totalisante qui le conserve en tant que sublimation. Bien que relevant d’un « paradigme indiciaire » toujours présent dans l’histoire humaine, le détail n’a pas obtenu de dignité dans les sciences de l’homme au XXe siècle : les sciences sociales ont largement suivi un modèle holiste et naturaliste d’explication du social. La sociologie classique en effet, s’attache à «  des types généraux et des hommes moyens, analyse la régularité et la pertinence, vise l’actualité et la spécificité, se focalise sur la rationalité et le bon sens ». Ce traitement du détail « c’est la loi, quelque peu ironique, de la science : l’intelligibilité aux dépends du réel » . 

Une troisième voie se propose aujourd’hui de démystifier cette utilisation en donnant à voir que le détail est dépositaire de l’effet d’humanité, dimension que se sont données pour objet des méthodes des sciences humaines telles l’ethnologie, l’interactionnisme et la kinésie mais qui l’arriment un peu trop souvent à leurs cadres cognitifs. C’est l’histoire du  détail « sans importance » qui doit s’ouvrir dès lors pour retrouver  « l’homme » social (qui ploie sous les couches de la représentation : individu, acteur, sujet, personne, citoyen...). C’est le mode mineur de la réalité qui distingue simplement l’humain « des bêtes et des machines », du simple bâillement, à l’inattention de celui qui ne participe pas à la fête, des multiples imprévus d’une situation jusqu'à l’à-côté de la scène principale, des conversations anodines...Pourquoi ne pas redonner toute leur dimension aux détails ? Au nom de quoi sont-ils des détails ? 

La photographie, comme le détail qu’elle protège, peut enfin prétendre à quelque chose qui ne serait pas accessoire dans les sciences humaines et la sociologie en particulier. Par delà, c’est même l’image qui est ainsi réhabilitée dans la connaissance. Pour A. Piette en effet, c’est le meilleur moyen de restituer et de traiter le « mode mineur de la réalité » . Deux arguments à cela : « d’abord parce qu’elle offre une force représentationnelle face aux exigences de la complexité de la vie sociale et par rapport à l’inadéquation de l’écriture (...). Le deuxième argument est la capacité de la photographie d’enregistrer la réalité et en particulier sa capacité à attirer l’attention sur les détails constitutifs d’une modalité non encore étudiée de la vie sociale » . Ensuite, la lecture de cette photographie de travail est fort simple mais ô combien riche, offrant une nouvelle dimension à la connaissance :

- comprendre du premier regard, nécessairement culturel, la scène ou situation représentée sur la photo,

- poser un papier calque sur la photo et tracer les contours des éléments essentiels que l’on repéré tout à l’heure ; puis repérer ce qui reste comme éléments que l’on peu juger important et les entourer d’un trait de crayon moins fort, etc de façon décroissante... jusqu'à constituer des silhouettes qui normalement auraient du aller du plus important au détail mais qui maintenant vont prendre une autre tournure : il faut interroger les silhouettes crées, au niveau d’une « proxématique » ou de codes « somatotactiques », pour faire apparaître « des données importantes sur la complexité et la vulnérabilité ethnographique d’une situation »  à partir des renseignements sur la position interpersonnels, les mouvements interindividuels, l’intensité de l’engagement, les gestes, mouvements du corps, types de regard...

- enfin, revenir un peu en arrière, dans la position où on avait découvert la scène sur la photo et comparer ce que l’on avait alors trouvé essentiel avec ce qui vient d’émerger du « détail ». Beau programme de sociologie visuelle